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ENFANCE

Mardi 27 Novembre 2012

Prédisposition

C'est le 18 novembre 1953 à St.-Edmund, une ancienne usine de briques réhabilitée en hôpital de Northampton, que Sylvia Moore a donné naissance à Alan Moore.

Alan a grandi au sein d'une modeste famille ouvrière. Son père, Ernest, travaillait à la brasserie locale où il « trimbalait des tonneaux de bière ». Par la suite, il creusa des tranchées pour le réseau électrique jusqu'à sa retraite. Quand ses enfants furent assez grands pour être confiés à leur grand-mère, Sylvia accepta un emploi subalterne dans une imprimerie locale.

Moore est né avec une vision de l'oeil gauche quasi nulle et une prédisposition génétique à la surdité de l'oreill droite. Selon lui, ces handicaps s'équilibrent. Comme si ça ne suffisait pas, il arbore alors une vraie tignasse rousse. « Maman était morte de peur à l'idée que son enfant roux soit sans cesse chahuté et persécuté. Heureusement, j'ai bruni. »

Moore vit ses premières années dans le quartier des Boroughs , la zone la plus anciennce de l'une des plus vieilles villes d'Angleterre (et aussi des plus défavorisées). À l'origine, des fortifications et des douves encerclaient le château de Northampton avant leur destruction dans les années 1870 pour faire place à la nouvelle garde de chemin de fer.

Les rues locales en portent le souvenir : Place des Douves, Rue de la Tour, Place du Fort... « C'est là que les familles rurales se sont installées quand elles sont venues travailler à la chaîne dans les usines de la révolution industrielle. »

Pauvreté apparente

La famille loue une maison à la municipalité, dans la St. Andrew's Road, en face de la gare, une de ces maisons alignées de la période victorienne. Quand Sylvia était enceinte, les parents d'Alan partageaient la petite maison à trois chambres avec sa grand-mère maternelle, Clara, son fils, Les, son épouse, Queenie, et leur bébé, Jim.

Enfin, il y avait aussi l'autre fille de Clara, Hilda, son mari, Ted, et leurs enfants, John et Eileen. « Mon cousin Jim dormait dans le tiroir de la penderie, à létage. C'était sûrement très confortable. De mémoire, c'était une grande penderie. » Heureusement, le temps que le jeune Alan arrive de l'hôpital, la plupart des membres de la famille avaient déménagé, lui abandonnant la maison, ainsi qu'à ses parents et sa grand-mère.

Le foyer est délabré et offre peu d'agréments. Il n'y a pas de toilettes à l'intérieur, juste une cabine sans chasse d'eau dans le jardin. Il n'y a pas non plus de salle de bains. La famille se lave dans des baquets remplis à la bouilloire. La maison, cependant, bénéficie du luxe moderne de l'éclairage électrique, contrairement au voisinage. Ainsi, la grand-mère paternelle d'Alan éclaire encore sa maison au gaz de ville.

Malgré cette apparente pauvreté, le jeune Alan a une enfance heureuse. Il apprécie ce mode vie et aime faire partie de la communauté, sans se doute que d'autres vivent différemment. « Je ne savais pas qu'il y avait des gens qui faisaient partie d'une classe moyenne et qu'ils n'étaient plus à l'aise que nous et mieux placés dans la société que ma famille ou nos voisins. Je croyais que tout le monde vivait comme nous, à part la Reine. »

Bonne éducation

Les parents d'Alan n'ont pas beaucoup d'ambition pour leur fils. Il n'y a guère de choix réaliste au train-train quotidien du travailleur. La classe ouvrière n'attend pas grand-chose de la vie en raison de son manque d'éducation. Les habitants des Boroughs sont en partie analphabètes mais pas les parents Moore.

Ernest a même gagné une bourse grâce à son niveau en mathématiques mais il n'a pu poursuivre ses études, car sa famille ne pouvait acheter les uniformes et les livres, ni renoncer à son salaire potentiel.

Ernest et Sylvia sont pourtant déterminés à offrir à leurs enfants une bonne éducation. Avant même de commencer l'école à quatre ans, Alan connaît déjà l'alphabet, lit des phrases simples et compte jusqu'à dix. Ernest est un grand lecteur, de l'anthropologie à Harold Robbins. Sylvia, quant à elle, préfère tricoter devant la télévision.

Mais ses deux parents sont très fiers des capacités de leur fils. Alan s'inscrit à la bibliothèque locale à l'âge de cinq ans et commence à dévorer toutes sortes de livres. Le premier qu'il se souvient avoir emprunté s'appelle, signe prémonitoire, The Magic Island. Moore lit ainsi plusieurs ouvrages par semaine, devenant fan de fantasy et développant un goût pour les légendes grecques et romaines, la mythologie scandinave, les contes de fées et la geste arthurienne.

Quartier difficile

Ce sont leurs grands-mères excentriques et religieuses qui veillent sur Alan et son petit frère Mike pendant que leurs parents sortent gagner le pain quotidien. Moore décrit son environnement comme « très neutre » plutôt créatif. « On s'occupait de moi et j'avais tout ce dont un enfant avait besoin mais, en ce qui concerne ma vie intellectuelle, j'étais plutôt livré à moi-même. »

Moore aime s'amuser avec des amis dans les nombreux terrains vagues du quartier mais, comme il le racontera plus tard dans The Birth Caul, leurs n'étais pas si innocents. Il se souvient avoir été pendu à un arbre par les pieds ou bien avoir été enterré vivant dans un tunnel qu'on avait volontairement fait effondrer sur lui. «Ca s'est bel et bien produit, C'était un quartier difficile. »

Alan à 37 ans et sa mère
Alan et Sylvia Moore sa mère début des années 2000
Alan à 18 ans