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FROM HELL

Mardi 27 Novembre 2012

Anthologie de l'horreur

From Hell est la première série d'Alan Moore pour Taboo, l'anthologie d'horreur de Steve Bissette. Six chapitres sont publiés dans les numéros 2 à 7 pendant trois ans. Sous-titrée « Mélodrame en seize parties », c'est une reprise tentaculaire et postmoderne de la mythologie de Jack l’Éventreur. C'est aussi une dissection sociale de la tension radicale, de la lutte des classes et de l'extrême pauvreté de l'époque victorienne.

Le récit y puise des éléments d'histoire, d'architecture, d'occultisme et de mythologie et les relie aux meurtres de Whitechapel. « L'idée, c'était de réaliser un documentaire BD à propos d'un meurtre. Au lieu de m'attarder sur « qui est le coupable ? », j'ai insisté sur « qu'est-ce qui s'est passé ? » J'avais vu des publicités pour Dirk Gentle, Détective Holistique, le livre de Douglas Adams. Un détective holistique ? Il ne s'agissait plus de résoudre le crime, mais de résoudre l'univers dans lequel ce crime avait eu lieu. Voilà l'angle qu'il me fallait. »

Moore ajoute : « Je me suis dit que si je trouvais un meurtre suffisamment intéressant, je pourrais suivre plusieurs pistes et peut-être résoudre toute une culture. »

Comme sujet d'analyse, Moore envisagea plusieurs tueurs en série, moins célèbres que l'assassin de Whitechapel. « Parce que c'était le centenaire des meurtres en 1988, on trouvait beaucoup de références sur l’Éventreur. Au départ, je n'avais pas envisagé de travailler sur lui, il avait déjà été trop utilisé. Mais je suis tombé sur le livre de Stephen Knight (Jack the Ripper : The final Solution) et sur deux autres sources et je me suis dit qu'en fait, on pouvait raconter cette histoire de manière intéressante et inédite. Et que ça nécessiterait un sacré travail de recherches. »

Jamais attrapé

Moore a déjà commencé à travailler sur l'intrigue lorsque Bissette, l'éditeur de Taboo, l'associe à Eddie Campbell, son ami et collègue de l'époque du Westminster Arms, pour illustrer la série. « Cinq meurtres, ce n'est rien, voilà ce qui me fascinait. Comment ces crimes avaient-ils pu prendre de telles proportions mythiques ? Une des choses évidentes qui distingue Jack l’Éventreur des autres tueurs en série, c'est qu'on ne l'a jamais attrapé. En échappant à la potence, il a aussi échappé à l'Histoire. »

Si From Hell est chargé en mélodrame, ça n'est pas un simple polar pour autant. Moore révèle astucieusement l'identité du tueur dès le deuxième chapitre : c'est Sir William Gull, le médecin de la reine Victoria. Chargé par la monarchie de couvrir l'existence de la fille bâtarde d'un membre de la famille royale, Gull est poussé par son sens du devoir envers la Couronne à se débarrasser de la mère de l'enfant, ainsi que de plusieurs prostituées qui ont eu vent de l'affaire.

Mais Gull, franc-maçon haut placé, est aussi un fou visionnaire. Il investit sa frénésie meurtrière d'une signification spirituelle. « Le meurtre en soi n'est pas un événement très complexe. Quelqu'un se saoule, en frappe un autre sur le crâne avec une batte de base-ball et, voilà, il l'a tué. Il n'y a rien à ajouter. Mais toutes les tensions qui ont mené jusque là, tout ce qu'il y a eu dans la vie de ces gens, toutes les ramifications sociales qui passent par le meurtre, voilà ce qui est fascinant. »

Une narration parallèle suit l'enquête de l'inspecteur de police Abberline mais bien sûr, il n'aura jamais la satisfaction d'attraper son homme.

Variations

Dès le départ, Moore structure From Hell en un livre de seize chapitres. Sans les restrictions habituelles d'un gros éditeur, la pagination de chaque partie peut être aussi longue que l'exige l'histoire. « C'était une histoire complète qui se déroulait sur une certaine période des années 1880. Seize épisodes suffisaient à raconter cette histoire. Mais j'avais conscience que j'allais devoir faire davantage de recherches tout au long de ce travail. Et j'allais peut-être aussi trouver des informations qui emmèneraient l'histoire dans de nouvelles directions.

Aussi, j'ai déclaré dès le début qu'il y aurait seize chapitres mais nous n'avons absolument pas déterminé leur longueur. Ça pouvait varier de huit à cinquante ou soixante pages. Cette manière de structurer le récit était plus naturelle. »

Steve Bissette se souvient : «  Dès son premier coup de fil en 1989 pour proposer From Hell à Taboo, Alan avait toute l'intrigue sérialisée de son roman, avec des noms pour chaque chapitre, les prologue, épilogue et les clés de lecture. Dès le départ, il avait tout dans sa foutue caboche ! »

Le dessinateur Eddie Campbell explique qu'il s'est fait rouler pour illustrer ce projet de six cent pages. « Quand Alan m'a convaincu de le dessiner, c'était censé être seize chapitres de huit planches chacun. Mais le premier en faisait huit, le deuxième douze, le troisième dix-neuf, le quatrième trente-deux et on a même eu un chapitre de cinquante-six pages. »

En effet, ce n'est qu'au chapitre cinq, au bout de cent neuf pages, que le premier meurtre de l’Éventreur est mis en scène. Moore l'admet : « From Hell était prévu à l'origine comme un projet secondaire par rapport à Big Numbers. Mais ce dernier est devenu de moins en moins prioritaire quand il a commencé à péricliter. From Hell est alors devenu mon projet principal. »

Contrastées

Le choix du bédéaste Eddie Campbell pour illustrer un ouvrage d'Alan Moore n'est pas évident, surtout celui-là. Au début, les fans n'en sont pas ravis non plus. Campbell est, il est vrai, connu pour les dessins râpeux et parfois incohérents de son œuvre autobiographique Alec et de son étrange série Deadface. Rétrospectivement, son association avec Moore s'avère un coup de maître. Tout autre artiste populaire disponible sur le moment ne serait sans doute pas resté jusqu'au bout sur un projet aussi colossal.

Et surtout, les illustrations contrastées de Campbell, au stylo fin et à l'encre, avec de grands aplats de noir, capturent à la perfection l'atmosphère de l'époque : de vrais dessins de presse de l'ère victorienne. Campbell raconte lui-même : « J'essayais d'imiter les dessins de cette période. Pour la première fois, on pouvait illustrer des choses reproduites de manière photographique. On pouvait gribouiller, renverser de l'encre, faire un lavis, utiliser toutes sortes de techniques. J'ai fait comme si je vivais dans les années 1890. »

L'enthousiasme de Campbell pour l'architecture est évident et transparaît parfaitement dans ses dessins éloquents. Sa vision sombre et miteuse du Londres victorien étouffe les détails visuels sous une astucieuse accumulation de brouillards, de reflets et d'ombres.

Comme pour beaucoup des meilleures œuvres de Moore, on peine à imaginer un autre dessinateur sur From Hell. Moore abonde : «  Je n'aurais pas pu faire From Hell avec un autre dessinateur qu' Eddie Campbell. Le style d'Eddie est unique, même dans les comics. C'est précisément ce style qui était nécessaire pour qu'on puisse faire ce qu'on a fait. »

Pattes de mouche

Moore et Campbell utilisent avec brio un gaufrier à neuf cases durant toute la série. Là encore, il n'y a ni bulle de pensée, ni cartouche narratif à la troisième personne, ni onomatopée. Rien que de la narration graphique d'une profondeur jusque-là inégalée. « Eddie a déclaré que si on avait utilisé des cartouches, on aurait pu boucler l'histoire en une centaine de pages. C'est sans doute vrai mais je crois que nous avons fait le bon choix. »

Campbell lettre lui-même ses planches avec des pattes de mouche en bas de casse, antithèse du « tout en capitales » traditionnel en bande dessinée. Le lettrage s'accorde parfaitement au dessin et rend la lecture encore plus immersive.

Dès le début, il est clair que Moore prépare un chef-d’œuvre très référencé et incroyablement complexe. Heureusement le scénariste a pris goût aux recherches en écrivant « Shadowplay : The Secret Team. » Moore achète tout ce qu'il peut trouver sur les meurtres de l’Éventreur et sur d'autres tueurs en série.

Pataugeant dans un siècle de théories et de résolutions défaillantes, Moore remonte la piste de tous les suspects possibles et envisage toutes les théories du complot. Il synthétise le tout en une intrigue dense, passionnante et informative. Cela dit, à l'inverse de la plupart de ceux qui ont écrit sur les meurtres de Whitechapel, Moore ne prétend pas avoir découvert la véritable identité du coupable.

« Ça ne m'intéressait pas du tout de savoir qui était Jack l’Éventreur. C'est une enquête pour le Club des Cinq. Personne ne découvrira jamais la vérité. Jouer les détectives amateurs sur un cas qui a plus de cent ans, c'est sans espoir. C'est le comportement de l'époque qui me fascinait et me fascine encore … le personnage de William Gull est le coupable le plus désigné parce que c'était le plus intéressant. Par ses connexions haut placées, je pouvais m'appuyer sur lui pour explorer tous les aspects du mythe de Jack l’Éventreur. »

Architecture

Eddie Campbell apprécie les efforts de recherche entrepris par son scénariste. « Quand Alan démarre un projet, il y injecte toute son énergie. Le premier colis qui est arrivé était énorme. Il y avait le premier script, un livre sur l'architecte Christopher Wren, un autre bouquin d'architecture et le Londres de A à Z, avec les plans de toutes les rues. »

Sur From Hell, Moore surpasse sa propre manie du détail, comme on le voit dans le volumineux index annoté à la fin de chaque chapitre. Là, Moore dévoile ses sources et révèle les scènes où il a dû inventer ou pervertir certains événements pour des raisons dramatiques, ainsi que les raisons qui ont motivé ses choix.

Dans le recueil intégral de l’œuvre, ces notes occupent quarante-deux pages à elles seules. Le résultat des recherches de Moore lui permet d'inclure un bon nombre de personnalités de l'ère victorienne, dont William Morris et Walter Sickert. Aleister Crowley apparaît brièvement en tant que jeune écollier. William Blake et Robert Louis Stevenson ont eux aussi des petits rôles. « Elephant Man était dans un hôpital à une cinquantaine de mètres de l'endroit du premier meurtre. Buffalo Bill était en ville et fut interrogé par la police. Oscar Wilde vivait dans la même rue qu'un des principaux suspects. »

Certains passages de From Hell sont visuellement violents et extrêmement sanglants. Le scénariste tient à décrire la grande brutalité des meurtres de façon aussi réaliste que possible. La quasi-totalité des trente-quatre planches du chapitre dix traite du meurtre et de la dissection de la dernière victime de l’Éventreur. « Je faisais un livre dans lequel cinq prostituées se font tuer. Je voulais que les gens se représentent ce que ça faisait de passer deux heures dans une pièce à découper une femme. Il n'y a rien de glamour là-dedans. Ça me semblait la seule façon honnête de le faire. »

Autopsie

Moore ajoute : «  Je suis sûr qu'avant la fin, tout comme Eddie et moi, les lecteurs auraient tout fait pour quitter cette pièce. Je me sentais investi d'une responsabilité envers moi, envers le livre, et bizarrement, envers les femmes : je devais montrer ça sous un éclairage aussi cru que possible, sans la moindre émotion. » Avec justesse , Moore décrit From Hell comme « l'autopsie d'un événement historique qui utilise la fiction en guise de scalpel. »

Durant les meurtres ritualisés, Gull s'approprie un pouvoir visionnaire. Il entraperçoit des événements à venir dans le siècle suivant. Gull est abasourdi par ses visions : téléphones portables, bureaux contemporains, télévision. Il voit des tueurs en série plus récents comme Ian brady ou Peter Sutcliffe.

Étant donné qu'on peut remonter la trace de la plupart des avancées technologiques, politiques, artistiques et littéraires des temps modernes dans les années 1880, Moore part du postulat que les meurtres de Whitechapel ont accouché du XXe siècle. « Tout comme la France, en envahissant l'Indochine dans les années 1880, a semé les graines de la guerre du Viêt Nam … ou les expériences de Michelson-Morley ont mené à Einstein et à la bombe atomique. »

Moore remarque : «  On a l'invention de la mitrailleuse. De la voiture à moteur. Les débuts de l'art moderne. »

Il poursuit : « Si les années 1880 étaient un microcosme du XXe siècle, il me semblait que ce qui était arrivé à Mary Kelley dans cette petite chambre de Miller's Court – le dernier meurtre de l’Éventreur – serait un microcosme des années 1880. »

Différents angles

Moore développera plus tard : « William Gull agit plus ou moins comme une sage-femme dans l'accouchement sanglant du XXe siècle. J'essayais de montrer aux gens les rapports entre les choses, les formes qui existent dans l'Histoire, ce qui relie les événements, parfois des coïncidences et parfois une continuité porteuse de sens. Je crois que si les gens pouvaient voir les choses sous cet angle, leur expérience de la vie s'en trouverait enrichie.

Dans le chapitre quatre, qui compte trente-huit pages, Gull emmène Netley, son cocher, visiter en carriole les hauts lieux du Londres surnaturel. Il trace ainsi la carte de ses divers repères mystiques, obélisques, cathédrales et monuments, les reliant selon un pentagramme.

C'est un véritable tour de force qui réunit l'Histoire et la géographie de la ville en un symbolisme maçonnique au service d'une narration captivante. Moore souligne son intérêt grandissant pour la psychogéographie. « J'aime à penser que si mon travail est complexe, c'est parce que nous vivons dans un monde complexe. J'essaie de donner un peu de cohérence à cette complexité. On peut réfléchir à la politique, à l'Histoire, à la mythologie, à l’architecture, au meurtre et à tout le reste, en même temps, et voir comment tout ça est connecté. »

Ce chapitre a aussi changé le cours de la vie de Moore. « Il y a une scène dans laquelle de Dr Gull dit à son cocher que Earls Court était autrefois le site d'un puits dédié au dieu solaire Belenos. Gull déclare : «  L'unique endroit où les dieux existent sans aucun doute est dans notre esprit où ils sont incontestablement vrais dans toute leur grandeur et leur monstruosité. »

En écrivant ça, j'ai compris que c'était exact et que j'allais devoir réorganiser toute ma vie selon cette vérité. » En effet, deux ans plus tard, pour son quarantième anniversaire, Moore annonce qu'il va devenir magicien. Nous y reviendrons plus tard.

Publication

Lorsque Moore suggère que Mary Kelly n'est pas la cinquième et dernière victime de l’Éventreur mais qu'il y a peut-être eu erreur sur la personne, nous assistons à l'un des moments les plus ingénieux et les plus émouvants du livre. Le scénariste a suffisamment de preuves ambiguës pour défendre son point de vue.

« Je voulais juste donner une fin heureuse à cette pauvre femme, sans pour autant aller à l'encontre de ce qui était vraiment possible. A la fin, lorsque le fantôme de Gull se rend sur le sommet de la colline en Irlande où se trouve cette femme qu'il n'a jamais vue auparavant, avec ces quatre petites filles, c'est, selon moi, l'une des scènes les plus puissantes du livre. »

D'abord publié par épisodes dans Taboo, From Hell souffre d'une publication longue et difficile. L'anthologie de Steve Bissette a des problèmes de programmation et les numéros peinent à sortir au rythme de deux par an sous le label SpiderBaby Grafix de l'artiste. A partir du quatrième numéro de Taboo, le financement du projet est pris en charge par la société Tundra de Kevin Eastman.

Dès le numéro cinq, il tient totalement les cordons de la bourse. L'anthologie se traîne jusqu'à son septième numéro avant que sa publication soit suspendue ( deux autres numéros seront publiés en 1995 sans la contribution de Moore). Tundra commence à rééditer les débuts de From Hell en petits fascicules au format « prestige » contenant deux chapitres chacun. Les deux premiers numéros sont ornés du logo Mad Love. Mais cette noble expérience échappe à tout contrôle : trop de projets, trop d'avances sur droits payées aux auteurs, Tundra fonce droit dans le mur.

Epilogue

Une fusion est annoncée entre Tundra et Kitchen Sink Press, la maison d'édition de Denis Kitchen (qu'Eastman a en réalité achetée en secret). From Hell est donc publiée sous le label Kitchen Sink à partir du numéro trois en 1993, jusqu'à sa conclusion en 1996, sept ans après le premier chapitre édité dans Taboo.

Un épilogue, Dance of the Gull Catchers, est publié en 1998. Il contient un historique des différents éventrologues et autres théoriciens de la conspiration, ainsi qu'un index annoté de l’œuvre.

En 2000, le dessinateur recueille et publie toute la saga sur son propre label, Eddie Campbell Comics, en un volume massif de six cent pages. Campbell se souvient : «  Il s'était passé dix ans entre la livraison du premier script et l'assemblage du recueil. » Il ajoute : «  Dans la mythologie grecque, Ulysse met dix ans pour rentrer en Grèce après la Guerre de Troie. Je me souviens de m'être dit que c'était farfelu. Dix ans, c'est vraiment très long. »

Lorsque Campbell décide de cesser son activité d'autoédition, il confie les rênes à la jeune société Top Shelf Productions de Marietta en Géorgie.

Pas une lecture facile

Steve Bissette prévoit de publier l'intégralité des scripts de Moore dans From Hell : The Compleat Scripts, une série de livres coédités par SpiderBaby Grafix et Borderland Press. Il doit arrêter après le premier volume (qui contient les quatre premiers chapitres) en raison de complications contractuelles avec Kitchen Sink Press et les droits d'adaptation en film. En effet, From Hell est la première œuvre d'Alan Moore à être adaptée au cinéma, dans une médiocre version hollywoodienne mise en scène par les frères Hughes avec Johnny Depp.

Imprimé au Canada et distribué dans le monde entier, From Hell a maille à partir avec les services douaniers d'Australie, du Canada, d'Afrique du Sud et de certains états nord-américains. Malgré ses scènes de mutilation, de meurtres sanglants et ses références à l'infanticide, c'est pour les quelques scènes de sexe qu'il contient que le livre est saisi.

From Hell n'est pas une lecture facile : la synthèse de toutes ces recherches forme une histoire continue, dense, complexe et puissante. Le résultat est extraordinaire et mérite d'être considéré comme l'une des œuvres majeures de Moore, comptant parmi les tout meilleurs romans graphiques jamais produits.

« Ouais, From Hell, j'en suis fier. C'est un gros travail, sombre et monumental. »

Couverture de l'intégrale
L'architecture au coeur du défi
Le Dieu de l'en-deça
Les deux faces du crime
Discussion d'enquête
Discussion autour d'une tombe
Je suis Sir William Withey Gull
Attaque à l'arme blanche
Plan de la ville
From hell Netley, écrivez-le, From hell