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Attention ! Point de billevesée (Parole vide de sens, idée
creuse) dans cette rubrique, car, comme disait Théophile (Gautier),
cité par Robert (Le Petit) – et certainement très
vite relayé par Nicolas Brochot : « Ne nous arrêtons
pas à écouter […] leurs billevesées ».
La bille initiale de ce billevesée s’inscrivant en descendance
directe de beille « boyau », et la vesée terminale
de vezé « gonflé » - et cela selon toute probabilité
depuis le XVème siècle ! – il n’y a qu’un
pas entre le « boyau gonflé » et « la tête
bien remplie » du billettiste qui, chaque semaine, viendra s’inscrire
pour nous faire part du contenu de son Petit article de journal sur un
sujet d’actualité (le billet). Celui-ci pourra être
doux, galant, au porteur, de banque, vert, en vers, en prose, de faveur,
plein ou demi tarif, composté ou non, open, fermé, aller
simple ou aller compliqué, de loterie, gagnant ou perdant, ce ne
sera certainement pas un billet de retard si vous vous inscrivez à
l’avance, et je vous fiche mon billet que si celui-ci accroche l’attention,
il pourra être distribué à tous par un spécialiste
: le distributeur de billets.
La consigne précise simplement qu’il doit être d’humeur.
Donc liquide… Et oui ! Tout se précise grâce à
Robert (Le Petit), encore lui, qui nous apprend que vers 1160 –
cette information sémantiquement capitale pour la compréhension
de la consigne nous aura probablement échappée, tout occupés
que nous étions à penser, de façon tout à
fait réductrice, que cette époque ne s’occupait que
de cathédrales et d’universités – humeur signifie
« Substance liquide élaborée par un corps organisé
» ! Ca coule de source, surtout quand Bob nous glisse – entre
autres synonymes d’humeur - : bile (ne vous en faîtes pas
trop quand même), larme, lymphe, salive, sang, sueur, vapeur. Le
message s’éclaircit : il va falloir se donner un peu de mal
quand même… l’ambiance du présent billet (Eh
oui !) se réclamant davantage de la poésie que de la dissection,
je vous passe les synonymes plus… réalistes, comme glaire,
morve, mucosité, et j’en passe !
Résumons ! On choisit un sujet, on le traite en fonction de «
l’ensemble des dispositions, des tendances dominantes qui forment
[votre] tempérament, [votre] caractère (que l’on attribuait
autrefois à la composition, au rapport des humeurs du corps), vous
nous contactez sur le site et vous nous le présentez.
Au fait, le sujet que je voulais traiter ce mois ci était le rapport
entre fond et forme : la seconde n’est peut être pas qu’une
coquille vide chargée d’héberger le premier (je crois
que c’est une expression de Philippe Beaussant à propos des
formes musicales, dans un article où il traite du même sujet
que moi, mais sérieusement, et avec un rapport entre fond et forme
inversement proportionnel à celui qui habite ces élucubrations).
Il est très probable que la recherche quasi obsessionnelle sur
les subtilités de la terminologie qui anime les travaux de chacun
d’entre nous ne soit pas du temps absolument perdu.
Au fait, ça me fait penser… Peut on gagner du temps si on
en donne ?... Ca y est, je sens mes humeurs qui se mélangent !
Laurent Goossaert...
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