Accueil          Forum          Contact


Archives ...

- La Chine détiendrait l'un des pionniers en lutte contre le sida

- La chine lève l'interdiction sur la publicité des préservatifs

- Le sida en Chine : Perspectives effrayantes

La Chine détiendrait l'un de ses pionniers de la prévention du sida

Alors qu'une épidémie de sida menace de contaminer 10 millions de Chinois d'ici 2010, la Chine garderait en détention l'un des pionniers de la prévention du VIH là-bas pour avoir divulgué des informations «secrètes» à propos d'un scandale de sang contaminé.

Le Réseau juridique canadien VIH/sida devait remettre hier son tout premier prix international de l'action contre le VIH/sida et les droits humains à Wan Yanhai, mais le médecin a disparu depuis la fin du mois d'août. Il serait détenu par les autorités chinoises, selon plusieurs groupes de défense des droits de la personne.

Sa femme, Su Zhaosheng, a accepté le prix en son nom hier et elle en a profité pour demander sa libération aux autorités chinoises. «Son seul but est d'aider le gouvernement chinois en prévenant l'épidémie de sida. Il n'y a aucune raison de le détenir», dit-elle. Mme Zhaosheng est sans nouvelles de son mari depuis 21 jours et le gouvernement chinois n'a toujours pas confirmé s'il le détenait. La semaine dernière, un proche de M. Yanhai a toutefois appris que le ministère d'État à la sécurité détenait le médecin.

Wan Yanhai, 38 ans, milite depuis plusieurs années pour sensibiliser le gouvernement et la population chinoise au VIH. Il a fondé la première ligne d'info-sida en Chine en 1992. Le médecin avait même perdu son emploi au ministère de la Santé en 1994 pour son soutien à la communauté homosexuelle et pour avoir mené une campagne d'information sur les risques du sida. Il est peu à peu devenu un des leaders du mouvement antisida en Chine où environ 1,5 millions de personnes sont atteintes du VIH, selon l'Onusida.

Récemment, M. Yanhai s'est appliqué à faire connaître au public la contamination au VIH d'environ 100000 paysans qui ont vendu leur sang à des banques de sang dans la province centrale du Henan. «Son crime est d'avoir aimé si profondément son pays qu'il a tout fait pour s'assurer qu'ils soient informés sur l'épidémie de VIH/sida», dit Joanne Csete, directrice du programme VIH/sida et droits humains pour Human Rights Watch.

Le médecin aurait vraisemblablement diffusé par courriel un document interne du ministère de la Santé classé «secret» à propos du commerce du sang dans la province de Henan. «Mais l'information a été diffusée par différents médias, cette information circule partout et ne peut être considérée comme des secrets d'État», proteste sa femme.

Le Réseau juridique canadien VIH/sida et l'organisation Human Rights Watch ont pour leur part fait appel au gouvernement canadien pour qu'il fasse pression sur les autorités chinoises afin qu'elles libèrent M. Yanhai.

La question du sida demeure très délicate en Chine où le gouvernement a reconnu officiellement la semaine dernière qu'un million de personnes étaient séropositives ou malades du sida. Un haut responsable du ministère de la Santé a reconnu que 10 millions de Chinois pourraient être atteints si l'épidémie n'était pas enrayée. «Il y a beaucoup de craintes que l'on va répéter en Chine ce qu'on a vu en Afrique», soutient Ralf Jürgens, directeur général du Réseau juridique canadien VIH/sida.

Sébastien Rodrigue
La Presse

La Chine s'apprête à lever l'interdiction sur la publicité de préservatifs

Les autorités s'apprêtent à mettre fin à la longue interdiction concernant les publicités de préservatifs, compte tenu de la situation inquiétante de la maladie du SIDA/VIH en Chine.

Ces publicités d'utilité publique sont censées apparaître tôt l'année prochaine, a annoncé un officiel de l'Administration d'Etat du commerce et de l'industrie, qui garde son anonymat.
En juin, l'Assemblée populaire Nationale (parlement chinois) a appelé l'administration à lever l'interdiction. Celle-ci a admis qu'un nombre limité de publicités de préservatif pourrait encourager la planification familiale et la prévention du VIH et du SIDA, et a promis de lever l'interdiction l'année prochaine. An Bohua, directeur du Centre de développement d'équipement médical de la Commission d'Etat sur la planification familiale, a dit : " L'interdiction aurait du être levée bien longtemps auparavant car le préservatif est le moyen le plus efficace non seulement pour éviter la grossesse mais aussi pour protéger les gens et leurs partenaires des maladies sexuellement transmissibles.

La Chine a enregistré un taux de croissance annuelle de 16,7% de personnes infectées par le VIH, officiellement répertoriées, durant la première moitié de cette année, d'après le ministère de la santé. L'année dernière, l'Organisation mondiale de la santé et le ministère chinois de la santé ont sélectionné quatre villes chinoises pour des essais de promotion de préservatifs dans des lieux de divertissement. Le gouvernement chinois a fait l'achat l'année dernière de 1,2 milliards de préservatifs pour la planification familiale. L'année dernière, la Chine en a produit 2,4 milliards au total.De plus en plus de distributeurs automatiques de préservatifs payants (en paquets de trois) sont installés dans les rues de ville.Les publicités aideront à changer le présente situation chaotique dans l'industrie du préservatif en Chine, ont dit les experts.Plus de 300 compagnies produisent divers marques de préservatifs en Chine.

Pourtant, une enquête commerciale officielle menée en 2000, la dernière en date, a montré que seulement 50% des produits étaient considérés comme étant de bonne qualité.Les experts ont noté que les publicités concernant la qualité des préservatifs aidera à guider les consommateurs à faire un choix et aussi permettra de mieux protéger leur santé.L'interdiction provenait d'une décision faite en 1989 par l'administration d'Etat, selon laquelle les médias étaient interdits de toute publicité liée à des produits ayant trait à une activité sexuelle.Le programme quinquennal de lutte contre le VIH du Conseil des Affaires d'Etat se prononce également pour la levée de l'interdiction.
Le plan recouvrant les années de 2001 à 2005, encourage les départements du gouvernement à faire plus pour encourager l'usage du préservatif.


Le sida en Chine : des perspectives effrayantes

Les autorités chinoises ont toujours été discrètes sur l'étendue de l'épidémie de sida dans leur pays. Mais selon des estimations récentes, émises avec prudence par l'agence officielle Chine Nouvelle, au moins 850 000 Chinois seraient actuellement infectés par le VIH. Ils seraient même plus d'un million selon l'ONUSIDA, qui prévoit un accroissement explosif de l'épidémie au cours des prochaines années. Selon les experts, le nombre de Chinois porteurs du VIH pourrait atteindre 10 millions en 2010, soit le quart de la population totale actuelle de personnes infectées à travers le monde.

C'est parmi les toxicomanes, partageant des seringues infectées, que l'épidémie aurait débuté au début des années 1990. Elle s'est étendue, depuis, parmi les homosexuels, qui formaient en 2000 le tiers des malades du sida hospitalisés dans les deux hôpitaux de Pékin acceptant les sidéens. Actuellement, les hétérosexuels sont également touchés.

L'apparition du sida en Chine est tardive par rapport aux autres continents, ce qui explique un taux actuel d'infection pouvant paraître relativement faible dans un pays qui compte un milliard d'habitants. Mais si des mesures de prévention ne sont pas prises de façon urgente, l'extension de l'épidémie risque de passer par les mêmes phases que partout ailleurs dans le monde. Comme l'expérience dans d'autres pays l'a démontré, en Ouganda par exemple, seule une campagne active de programmes d'éducation sexuelle pourra renverser la tendance car la plupart des jeunes Chinois n'attendent plus d'être mariés pour avoir leur première relation sexuelle.
En dépit des heurts diplomatiques suscités par ce qui est considéré comme une ingérence, l'ONUSIDA tente de faire bouger le gouvernement chinois afin que des mesures soient prises de toute urgence. Pour éviter une véritable catastrophe, sur les plans humain et économique, la seule solution réside dans une politique de prévention active menée par les gouvernements locaux.
Ces derniers doivent investir dans des programmes d'éducation et dans la mise sur pied de services de santé adaptés comme des réserves de sang autonomes. En effet, dans la province du Henan, le commerce du sang, encouragé au plus haut niveau, aurait provoqué la contamination de près d'un million de paysans…
Encore faut-il que des directives claires et précises soient édictées par les plus hautes instances du parti communiste.



abonnement
désabonnement