Où en est l'épidémie ?
- Le sida en Chine : des perspectives effrayantes
- Chine-sida-médicaments: Pékin
n'exclut pas d'enfreindre les brevets sur les thérapies antisida
Le sida en Chine : des perspectives effrayantes
Les autorités chinoises ont toujours
été discrètes sur l'étendue de
l'épidémie de sida dans leur pays. Mais selon
des estimations récentes, émises avec prudence
par l'agence officielle Chine Nouvelle, au moins 850 000 Chinois
seraient actuellement infectés par le VIH. Ils seraient
même plus d'un million selon l'ONUSIDA, qui prévoit
un accroissement explosif de l'épidémie au cours
des prochaines années. Selon les experts, le nombre
de Chinois porteurs du VIH pourrait atteindre 10 millions
en 2010, soit le quart de la population totale actuelle de
personnes infectées à travers le monde.
C'est parmi les toxicomanes, partageant des
seringues infectées, que l'épidémie aurait
débuté au début des années 1990.
Elle s'est étendue, depuis, parmi les homosexuels,
qui formaient en 2000 le tiers des malades du sida hospitalisés
dans les deux hôpitaux de Pékin acceptant les
sidéens. Actuellement, les hétérosexuels
sont également touchés.
L'apparition du sida en Chine est tardive
par rapport aux autres continents, ce qui explique un taux
actuel d'infection pouvant paraître relativement faible
dans un pays qui compte un milliard d'habitants. Mais si des
mesures de prévention ne sont pas prises de façon
urgente, l'extension de l'épidémie risque de
passer par les mêmes phases que partout ailleurs dans
le monde. Comme l'expérience dans d'autres pays l'a
démontré, en Ouganda par exemple, seule une
campagne active de programmes d'éducation sexuelle
pourra renverser la tendance car la plupart des jeunes Chinois
n'attendent plus d'être mariés pour avoir leur
première relation sexuelle.
En dépit des heurts diplomatiques suscités par
ce qui est considéré comme une ingérence,
l'ONUSIDA tente de faire bouger le gouvernement chinois afin
que des mesures soient prises de toute urgence. Pour éviter
une véritable catastrophe, sur les plans humain et
économique, la seule solution réside dans une
politique de prévention active menée par les
gouvernements locaux.
Ces derniers doivent investir dans des programmes d'éducation
et dans la mise sur pied de services de santé adaptés
comme des réserves de sang autonomes. En effet, dans
la province du Henan, le commerce du sang, encouragé
au plus haut niveau, aurait provoqué la contamination
de près d'un million de paysans
Encore faut-il que des directives claires et précises
soient édictées par les plus hautes instances
du parti communiste.
Chine-sida-médicaments: Pékin
n'exclut pas d'enfreindre les brevets sur les thérapies antisida
PEKIN, 21-12-02 (AFP) - La Chine
n'exclut pas d'enfreindre les brevets des médicaments
de lutte contre le virus du sida si ses négociations
avec les groupes pharmaceutiques pour faire baisser le prix
des médicaments n'aboutissent pas, a indiqué
mardi à Pékin un haut responsable chinois.
Des négociations sont en cours avec
Merck et GlaxoSmithKline, a déclaré Shen Jie,
directrice du Centre national pour la prévention et
le contrôle du sida, en marge de la première
conférence nationale sur le sida en Chine, qui s'est
ouverte mardi dans la capitale chinoise.
Elle a précisé que les deux
sociétés s'étaient montrées prêtes
à baisser leurs prix mais demandaient également
au gouvernement chinois de faire un effort en réduisant
ses taxes à l'importation, ce que celui-ci ensivage
de faire, selon elle.
Le cocktail de médicaments nécessaires à
un traitement contre le sida coûte actuellement en Chine
de 70.000 yuans à 80.000 dollars (9.600 dollars), a-t-elle
dit.
"Si nous pouvons ramener ce prix à 350 dollars",
soit à peu près ce que fait payer un fabricant
indien qui n'a pas respecté le brevet, la Chine n'aura
pas à envisager un non-respect du brevet", a ajouté
Mme Shen.
Mais elle a toutefois refusé d'exclure une telle démarche.
"Cela pourrait être la prochaine étape mais
nous ne l'envisageons pas pour le moment", a-t-elle dit.
Mais "cette décision a été prise
par d'autres pays et peut-être une référence
pour nous", a-t-elle ajouté.
La Chine fait face à une augmentation rapide du nombre
de personnes affectées par le virus du sida à
cause de méthodes de collecte du sang non stériles
dans les campagnes, d'une consommation de drogue en hausse
dans les villes, ainsi que d'un boom de la prostitution.
Officiellement, le pays compterait aujourd'hui un peu plus
de 600.000 personnes infectées mais des médecins
indépendants estiment qu'ils pourraient être
un million dans la seule province du Henan (centre).
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