Les dates indiquées sont exprimées en BP (Before Present, avant aujourd’hui), « aujourd’hui » étant fixé par convention à 1950.

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La grotte de Lascaux

Lascaux, grotte ornée la plus célèbre du monde, fut découverte en 1940 par quatre jeunes gens du village, qui suivirent leur chien aventuré dans un trou. Le caractère monumental des œuvres, souvent de grandes dimensions et disposées avec une recherche certaine du spectaculaire, leur nombre (915 animaux répertoriés) et surtout leur qualité esthétique hors du commun ont fait le succès de ce site exceptionnel, surnommé par l’abbé Breuil « la chapelle Sixtine de la préhistoire ».

Panneau du hibou

Salle des Taureaux. Peinture sur roche. Pigment noir : oxydes de manganèse.

Salle des Taureaux

Peinture sur roche

L’entrée de la grotte donne dans la salle des Taureaux, vaste rotonde aux parois couvertes d’animaux qui forment une véritable frise, extrêmement impressionnante. Il en fut dénombré trente-six, dont dix-sept chevaux, onze bovinés (sans doute des aurochs), six cerfs, un ours et un animal fantastique surnommé la Licorne (extrême gauche sur la photo). Il s’agit d’un animal imaginaire, comme il en existe d’autres, sous des formes diverses, à toutes les époques de l’art des cavernes et, bien plus tard, dans l’art rupestre du monde entier. À droite sur la photo, les grands taureaux affrontés concourent fortement à l’impact visuel du dispositif pariétal. Celui de gauche est incomplet, alors que celui de droite, entier, mesure 4,60 mètres de long. C’est l’un des plus grands animaux connus dans l’art paléolithique. On distingue aussi plusieurs chevaux et des cerfs aux ramures exubérantes, comme c’est souvent le cas à Lascaux. L’usage des couleurs diverses (noir, rouge, jaune, brun) est tout à fait exceptionnel. L’étude des critères de saisonnalité, d’après les détails de représentation, ont montré que les chevaux étaient dépeints à la fin de l’hiver et au début du printemps, alors que les aurochs l’étaient en été et les cerfs en automne, ce qui correspond aux périodes de rut de chacun de ces animaux. La succession dans les séquences animales de Lascaux est donc aussi celle des diverses saisons et elle est porteuse d’un sens sexuel affirmé.

Panneau du hibou

Grand cerf noir. Peinture sur roche. Pigment noir : oxydes de manganèse.

Grand cerf noir

Diverticule axial, peinture sur roche

Le diverticule axial qui prolonge la salle des Taureaux sur une vingtaine de mètres est une galerie au profil en trou de serrure, ce qui a permis aux artistes d’atteindre le haut des parois et les voûtes dont les surfaces se prêtaient à la peinture. Les représentations sont nombreuses et spectaculaires : c’est l’un des chefs-d’œuvre de l’art mondial. Un cerf se trouve près de l’entrée de la galerie. Le poitrail et le dos sont dessinés, ainsi que la fine tête détaillée avec un œil expressif, la bouche et l’oreille, et les ramures aux palmes gigantesques. On remarque que le port de tête en arrière, l’œil révulsé et la bouche ouverte indiquent le brame.

Panneau du hibou

Petits chevaux sous la grande vache noire.
Peinture et gravure sur roche. Pigment noir : oxydes de manganèse.

Petits chevaux sous la grande vache noire

Nef, peinture et gravure sur roche

Une autre galerie, appelée « le Passage », part de la salle des Taureaux. Elle débouche sur un carrefour avec, à droite, l’abside (où l’on a relevé près d’un millier de motifs gravés et peints) et, à gauche, la nef, galerie abondamment décorée, nettement plus large et plus haute que les précédentes. L’une des œuvres majeures de la nef est la grande vache noire tournée vers la droite (2,15 m) dans la partie centrale de la paroi gauche. Elle a été juxtaposée à des chevaux précédemment gravés ou peints. La tête et les avant-trains de ceux de ces chevaux sont bien visibles à l’arrière de l’animal principal qui les recouvre en partie (photo). Ces équidés, dont l’intérieur du corps est rouge brique, ont été finement gravés après l’apposition de la peinture. Le noir a été également employé, par exemple pour le naseau du cheval le plus à gauche, dont les yeux ont été dessinés et part et d’autre du chanfrein pour les mettre en perspective. Ces deux têtes de cheval font partie des petites merveilles de Lascaux.

Panneau du hibou

Bison. Peinture sur roche. Pigment noir : oxydes de manganèse.

Bison, scène du puits

Galerie séparée, peinture sur roche

La partie inférieure du réseau de Lascaux est seulement accessible, de nos jours, par un puits de 6 mètres qui s’ouvre dans le couloir prolongeant l’abside sur la droite. Toutes les peintures s’y trouvant sont noires, mais paraissent avoir été réalisées en deux temps. On y trouve notamment une scène composée d’un être composite, un homme à tête d’oiseau, tombant à la renverse devant un bison qui le charge. Le bison, dont l’arrière-train porte une arme barbelée, perd ses entrailles. Un oiseau est perché sur un piquet. Un autre signe barbelé se trouve sous les pieds de l’homme-oiseau. Dans cette scène mystérieuse, deux thhèmes reviennent deux fois : le thème de la mort (celle de l’homme et celle du bison) et celui de l’oiseau. Or ce dernier sert souvent à symboliser l’envol de l’âme. C’est donc l’idée de la mort, réelle ou métaphorique (illustrant la transe du chamane durant laquelle son âme est censée voyager hors de son corps), qui est fortement accentuée ici. Ce fait peut être mis en rapport avec une particularité des lieux, où les taux de gaz carbonique, extrêmement élevés, sont susceptibles de provoquer malaises aigus et hallucinations.

© Art des cavernes préhistoriques, 2010 | Site créé par François Escoffier | francois.escoffier94[a]free[dot]fr

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