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GUSTAVE COURBET (1819-1877)

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Gustave Courbet (1819/1877)
pigmentera toute sa vie en se mélangeant aux couleurs de son temps. Il peindra en précisant «Je ne peux pas peindre un ange, car je n'en ai jamais vu».


Les premières oeuvres de Courbet sont datées de 1840, année où est publié le livre de Proudhon «Qu'est-ce que la propriété?» qui suscitera d'énormes réactions dans la bonne société. Cela offusque les bons sentiments des nantis qui parlent dans les salons» Proudhon, vous savez, ce provincial, ce petit imprimeur-journaliste qui prétend que le travail est le seul capital réel».
Franc-comtois, comme Proudhon, en société, Courbet prendra le parti des idées du philosophe. Le peintre fréquentera aussi Baudelaire dans les brasseries, et les autres personnalités avec lesquelles s'élaborera le mouvement des réalistes. Il expose en 1849 «Les casseurs de pierres» que Proudhon comparera à une parabole venu des évangiles. D'après la majorité de ses contemporains, Courbet n'est pas à la mode, manque de spiritualité: c'est grossier.


Refusé à l'exposition de 1855, Courbet construira son propre pavillon afin de montrer sa peinture. Entre les refus du salon des officiels et les coups d'éclats de l'artiste, les années passeront. Encore un furieux, qui ne supporte pas le mépris dans lequel on le tient pour son oeuvre.
Écrivant du bien de lui même dans certains journaux, Courbet se fait connaître jusqu'à ce que vienne la consécration au salon de 1869. Courbet, qui a été accepté, présente «La falaise d'Etretat après l'orage». La critique l'encense. Courbet intriguera pour obtenir la légion d'honneur. Dans une lettre qu'il rend publique le 22 juin 1870, il refuse la croix de chevalier. Les sommets de la célébrité et du scandale sont atteints.


Le 19 juillet 1870, c'est la guerre entre l'Empire français et la Confédération de l'Allemagne du Nord. Après le désastre de Sedan, Napoléon III est fait prisonnier. Il est déchu et le 4 septembre 1870 naîtra la Troisième République. Courbet devient en septembre 1870 le Président de la Commission Artistique du gouvernement provisoire. Lors de l'Assemblée Générale du 18 septembre, il prononce ce discours lors du quel il déclare au gouvernement de la Défense Nationale:» La colonne Vendôme est un monument dénué de toute valeur artistique...» et demande au nom de l'art ,»à déboulonner cette Colonne». L'idée non retenue fait la une des journaux, et Courbet deviendra pour le public «le déboulonneur de la Colonne Vendôme».

Dans ses murs, Paris soutient un siège qui dure quatre mois et douze jours. Après la déclaration de l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine, le deuxième Reich est proclamé, à Versailles, le 18 janvier 1871. La capitulation de Paris est signée le 26 janvier à Versailles. Pour le peuple de Paris, c'est «La Grande Trahison», l'entrée des Allemands se fait dans une ville déserte le 1er mars 1871. Le gouvernement conduit par Adolphe Thiers signe le 2 mars le traité de Paix à Versailles, mais les politiques laissent aussi leurs armes aux citoyens parisiens. L'assemblée vote le 10 mars 1871, le recouvrement des effets de commerce échues. Du fait de la guerre, le peuple des parisiens n'a plus un sou et le Mont de piété croule littéralement sous le monceau d'objets qui lui été confié. Les parisiens manifestent, l'armée est chargée de rétablir l'ordre, alors les français s'entre-tuent. L'assemblée et le gouvernement s'enfuient à Versailles dans la nuit du 18 mars 1871. La Commune de Paris est proclamée le 21 mars. Trois semaines après, le 12 avril, par la voix de son représentant Félix Pyat, la Commune décide de démolir la Colonne Vendôme. A son sommet s'élève la statue de Napoléon 1er, tandis que «Ce sont les généraux de Napoléon III qui nous bombardent» écrit Rochefort.
Courbet, lui, ne sera élu que le 16 avril dans le VI arrondissement. Les Versaillais victorieux ont repris le 12 mai le fort de Vanves. Pourtant, la Fête de la chute de la Colonne Vendôme est célébrée le 16 mai. Avec outrance, l'armée reconquiert Paris et la Commune s'achève par «la semaine sanglante» le 28 mai 1871.

 
De fait, Courbet a refusé que la Commune se transforme en Comité de Salut Public, il est arrêté le 7 juin, jugé par un Conseil de Guerre à Versailles. Il peint en prison. Libéré, le 2 mars 1872 il quitte Sainte Pélagie pour Ornans. A Paris, Courbet exposé avec un très grand succès se vend bien. L'histoire suit son cours, le Républicain Thiers démissionne. Mac-Mahon duc de Magenta est élu Président de la République. Aidé par le duc de Broglie, il établit un régime d'ordre moral, la république des ducs. L'assemblée nationale décidera le 30 mai 1873 de rétablir la Colonne Vendôme. La première Chambre Civile de la Seine condamne Courbet, le 26 juin 1873, à payer les 300 000 francs de la reconstruction.


Courbet refuse, il passe la frontière Suisse le 23 juillet. Ses biens sont saisis, et Courbet ne le regrettera pas, il est mort en exil le 31 décembre 1877.

Source: http://www.joueb.com/infos/info_980.shtml

Gustave Courbet, Autoportrait



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