| 1824 Louis Eugène Boudin naît le 12 juillet à Honfleur, petit port de Normandie, dans une famille de marins. 1835 Sa famille s'installe au Havre, deuxième port de commerce en France au XIXe siècle. Le jeune garçon, timide et réservé, se distingue déjà par ses dons pour le dessin. A douze ans, il est engagé comme commis dans une imprimerie, puis il entre chez un papetier, qui vend aussi des œuvres d'art. 1844 S'associant avec un camarade, il ouvre un commerce de papeterie. Les affaires sont prospères, car la Normandie s'impose de plus en plus comme un haut lieu du tourisme. Beaucoup d'artistes de passage viennent se fournir dans la boutique (dont Isabey, Troyon, Couture, Ribot et Millet). Boudin restera lié toute sa vie à bon nombre d'entre eux, notamment à Troyon, son premier grand modèle. |
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Cédant sa part du fonds de commerce, Boudin décide de se consacrer entièrement à la peinture et s'inscrit à l'Ecole municipale de dessin. S'inspirant des préceptes de l'Ecole de Barbizon, il se mettra dès 1848 à peindre en plein air. 1850 La Société des Amis des Arts du Havre lui octroie une bourse d'études de trois ans. Installé à Paris l'année suivante, il ne s'inscrit à aucune académie, ni ne tente de trouver un professeur. Il se rend souvent au Louvre pour copier les maîtres anciens, mais passe cependant la majeure partie de son temps en Normandie. 1854 Sa pension parvenant à son terme, Boudin regagne Le Havre et se consacre entièrement à son genre de prédilection, le paysage. En été, il se rend pour la première fois à la ferme Saint-Siméon au-dessus de Honfleur. Cette auberge de campagne qui offre un ravissant panorama sur l'estuaire de la Seine est devenue une sorte de colonie d'artistes. 1857 Aux prises à des difficultés financières, il organise pour la première fois dans sa ville une vente publique de ses œuvres. 1858 Boudin fait la connaissance de Claude Monet, alors âgé de dix-huit ans, qui a grandi lui aussi au Havre. Il l'encourage à se tourner vers le paysage et l'emmène peindre en plein air avec lui. 1859 Se décidant à participer pour la première fois au Salon à Paris, il présente un grand tableau de genre représentant Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud, qui ne retient guère l'attention. Au printemps, il rencontre Charles Baudelaire à Honfleur, qui s'enthousiasme pour ses pastels au point de leur consacrer toute une page de son compte rendu du Salon. Il fait aussi la connaissance de Gustave Courbet, qui séjourne pour la première fois en Normandie. Sous l'influence de Boudin, Courbet se met à étudier avec ardeur le thème du "paysage de mer". Quant à Boudin, il apprend à traiter ses motifs avec plus de courage et de force. 1861 Sur les conseils de son ami le peintre Troyon, il se rend à Paris et travaille comme assistant dans son atelier. Le jury du Salon refuse son envoi. Sa situation matérielle est critique et il décide en automne de se consacrer toujours plus aux scènes de plage, qui sont appréciées des amateurs, et deviendront sa grande spécialité. Par l'intermédiaire de Monet, il rencontre un autre peintre de marines, le hollandais Johan Barthold Jongkind, qui deviendra son ami. 1865-1868 Boudin passe ses hivers à Paris. Il vend maintenant mieux, ce qui lui permet d'entreprendre quelques voyages (Argenteuil, Auvers, Guernesey et la Bretagne). 1868 Lors d'une vente de ses œuvres à l'Hôtel Drouot à Paris, ses petites scènes de plage rencontrent un accueil favorable auprès des collectionneurs, tandis que ses pastels sont presque tous achetés par des artistes. Au Salon, ses tableaux obtiennent enfin la reconnaissance de la critique. Cette année-là, Boudin participe également à des expositions aux musées du Havre, d'Amiens, de Strasbourg et de Bordeaux. En été, il retourne en Bretagne, qu'il préfère de plus en plus à la Normandie, lorsque le tout-Paris envahit les plages. 1870 La guerre franco-allemande éclate. Invité par un marchand d'art bruxellois, il se rend en Belgique. 1872 Les deux tableaux qu'il expose au Salon retiennent l'attention du célèbre marchand parisien Paul Durand-Ruel, qui les acquiert avec 18 autres œuvres. 1874 Le photographe Nadar met ses locaux à la disposition d'un groupe de jeunes artistes, qui seront désormais connus sous le nom d'impressionnistes. Invité par Monet, Boudin présente à cette exposition trois huiles, des pastels et des aquarelles. Bien qu'il soit le doyen des exposants, il se sent pour la première fois porté par un courant artistique qui poursuit le même but que lui. 1875 Mort de Millet et de Corot. Boudin en est profondément touché. La France s'enfonce dans une grave crise économique. Jusqu'en 1880, le peintre gagne si peu qu'il se trouve à nouveau dans la gêne. 1877 Mort de Courbet durant son exil en Suisse. Atteint de graves troubles psychiques, Jongkind ne peut plus guère travailler. 1881 La situation financière de Boudin s'améliore enfin de nouveau. Durand-Ruel lui achète d'un coup 60 tableaux, et conclut avec lui un contrat d'exclusivité. Boudin jouit pour la première fois de la reconnaissance publique et obtient une médaille de troisième classe au Salon de 1881 et de deuxième classe en 1883. 1883 Durand-Ruel inaugure sa nouvelle galerie par une grande exposition de Boudin comprenant 150 tableaux et autant de pastels et aquarelles. C'est la première exposition personnelle de l'artiste, qui approche de la soixantaine. Les échos dans la presse sont retentissants. A Londres, Dowdeswell monte une exposition sur la peinture impressionniste où Boudin, avec dix tableaux, est l'un des artistes les mieux représentés. 1884 Il se remet à voyager (Belgique, Hollande) et décide de se faire construire une maison à Deauville, qui deviendra par la suite son domicile principal. Il n'aime plus guère se rendre à Paris, car nombre de ses amis sont morts ou ont déménagé. 1888-1889 Les affaires sont florissantes. Les deux tableaux que Boudin fait parvenir à l'Exposition universelle à Paris de 1888 obtiennent une médaille d'or. Il est également représenté par deux œuvres au Salon, et l'Etat acquiert l'un des deux envois. 1890 Grâce à la politique commerciale active de Durand-Ruel, le marché américain s'ouvre largement à son œuvre. A Paris, le galeriste lui organise des expositions en 1890 et 1891. 1891 Représenté par dix œuvres au premier Salon du Champ-de-Mars, il fait partie des quelques artistes auxquelles cette manifestation de prestige accorde l'honneur d'exposer des ensembles importants. L'année suivante, il sera de nouveau présent avec dix tableaux. Désormais, l'artiste est tellement apprécié et sollicité qu'il a de la peine à faire face aux commandes. 1892 Reçoit la croix de la Légion d'honneur. Se rend pour la première fois dans le Midi de la France, où il retournera plusieurs hivers de suite, car il supporte de moins en moins la rudesse du climat du nord de la France. 1895 En compagnie de deux amis peintres, Boudin visite pour la première fois Venise. 1898 Boudin meurt le 8 août dans sa maison de Deauville. Selon ses vœux, son corps est inhumé au cimetière Saint-Vincent de Montmartre. Source : http://www.fondation-hermitage.ch/presse/boudin/boudin_bio_f.html |
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